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Un Appel à l’action
Gouvernements: Prenez vos
responsabilités pour assurer la santé des femmes!
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Les soins de santé primaires et les droits sexuels et génésiques des femmes:
où en est-on aujourd’hui?
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Campagne pour l’accès des femmes à la santé:
La santé pour tous – la santé pour les femmes!
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De 2003 à 2005, la Campagne pour l’Accès des femmes à la santé
sera coordonnée par le Bureau de coordination, en étroite collaboration avec le
Mouvement populaire pour la santé.
La revendication essentielle pendant ces trois années est que l’on
assure à tous les peuples du monde et à toutes les personnes sans exception des soins de
santé primaires (SSP) qui prennent en compte, en théorie et en pratique, les besoins
des femmes en matière de santé sexuelle et génésique.
Contactez nous si vous désirez obtenir plus d’informations ou si
vous voulez agir.
Voir la carte d'inscription.
Reportez-vous p 16 et 17 pour les actions que vous pouvez entreprendre!
L’Appel à l’action est sponsorisé par
Le Mouvement populaire pour la santé
ET
Boston Women’s Book Collective, USA
CHETNA, Inde
Civil Liberties and Public Policy Program, Hampshire College, USA
Committee on Women, Population and the Environment, USA
EDUC Actions, Cameroun
ISIS, Ouganda
Latin American and Caribbean Women's Health Network, Chili
Likhaan, Philippines
PREPARE, Inde
WIPHN, Women’s International Public Health Network, USA
Women in Black, Yougoslavie
Women Living Under Muslim Laws, Royaume-Uni
SAMA, Inde
MASUM, Inde
Forum for Women’s Health, Inde
WGNRR, Vrolikstraat 453
D, 1092 TJ Amsterdam, Pays-Bas.
Tel: (31-20) 620 9672,
Fax: (31-20) 622 2450,
E-mail: office@wgnrr.nl
Website: www.wgnrr.org
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Gouvernements:
Prenez vos responsabilités pour assurer la santé des femmes!
Les soins de santé primaires et les droits sexuels et génésiques des femmes:
où en est-on aujourd’hui?
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Cet appel à l’action fait référence aux promesses de la Déclaration d’Alma-Ata
dont le contenu recelait un potentiel remarquable pour l’amélioration de la santé des
peuples dans le monde. Pourquoi ces promesses n’ont-elles jamais été réalisées? De quelle
façon les droits sexuels et génésiques des femmes ont-ils été intégrés
dans les concepts des soins de santé primaires (SSP)? Nous nous sommes associées
u Mouvement populaire pour la santé pour promouvoir les SSP complets en tant que modèle permettant d’obtenir la
santé
pour tous, et donc la santé pour les femmes. A cet effet, nous exhortons
tous les gouvernements du monde à prendre leurs responsabilités pour assurer la santé des
femmes.
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Les signataires de la Déclaration d’Alma-Ata (URSS) de 1978, représentant presque tous
les Etats du monde, se sont engagés au plan international à réaliser la
santé pour tous (SPT) d’ici l’an 2000 (voir la brochure informative de notre campagne pour
lire le texte intégral de la déclaration ou consulter sur Internet:
www.who.int/hpr/archive/docs/almaata.html ). Les SSP ont alors été
jugés indispensables à la réalisation de la SPT dans le cadre du développement global. La
Déclaration d’Alma-Ata affirmait que la santé était un droit
humain fondamental et que les inégalités flagrantes face à la santé étaient
inacceptables. Par ailleurs, l’appel à la santé pour tous était une réponse de l’ensemble
des sociétés, reconnaissant l’unité dans la diversité et le besoin de solidarité sociale. «L’humanité
tout entière pourra accéder à un niveau acceptable de santé en l’an
2000 si l’on utilise de façon plus complète et plus efficace les ressources
mondiales dont une part considérable est actuellement dépensée en armements et en
conflits armés.» (Déclaration d’Alma-Ata)
Les soins de santé primaires
(SSP) et la vision associée de la santé
pour tous ont été définis à la fois sous l’angle d’une approche et d’un
niveau de soins.(1) En tant qu’approche, les SSP renvoient au langage de la justice sociale.
On invoque la transformation des systèmes pour être au service des plus démunis,
on met au défi tous les acteurs de regarder la santé comme un droit, on exige une analyse correcte
de ses déterminants et que l’on s’attaque aux causes fondamentales et non aux seuls
symptômes, on insiste sur l’engagement nécessaire de la communauté et on incite à
une approche intersectorielle. Les SSP marquaient un abandon radical du statu quo en
reconnaissant que sans justice sociale, on n’obtiendrait jamais la santé pour tous.
Cette approche proposait alors une analyse sociale de la santé en expliquant que les
causes des problèmes sanitaires n’étaient pas les maladies en tant que telles mais un ensemble de phénomènes propres aux conditions
socio-économiques, aux structures politiques et aux idéologies en place, sans
oublier l’environnement. En
d’autres termes, l’élimination des inégalités socio-économiques et politiques entre
les populations au sein d’un pays et entre les pays était une condition sine
qua non pour atteindre la santé pour tous.
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A la fin des années 1970, le Mozambique avait réussi à mettre en œuvre une approche
globale des SSP dont les résultats positifs sur la santé de la population furent loués par
l’OMS. Le Mozambique dépensait alors 11% de son budget pour la santé, avait obtenu un
taux d’immunisation de quasiment 100% et avait formé presque 8000 agents de santé de
niveau intermédiaire. Cependant, le programme n’a pu être totalement mis en œuvre car la
guerre civile a éclaté entre temps. Les agents de santé et les centres de santé
communautaires, la cheville ouvrière des SSP, sont devenus les cibles des milices
e toutes les avancées faites jusqu’alors ont été remises en cause. (2)
La Déclaration d’Alma-Ata sur «la santé pour tous»
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Abordés sous l’angle du niveau de soins, les SSP impliquent un système sanitaire
basé sur les besoins d’une population donnée. Un tel système préserve l’équilibre
entre les soins hospitaliers et communautaires, entre les interventions des
personnels médicaux et les efforts faits pour obtenir des conditions favorables à un bon niveau de santé. Les
soins de santé primaires ont offert au cours des 25 dernières années un cadre
conceptuel pour planifier un système de santé plus équilibré et faire des
efforts concertés afin de dispenser les soins de base en dehors des structures hospitalières.
Cela a signifié une nouvelle approche de la santé elle-même, assumant que pour
traiter les questions sanitaires dans une communauté, il faut conjuguer les soins
curatifs et les soins préventifs tout en prenant très au sérieux les
déterminants sociaux de la santé, à savoir la pauvreté, l’éducation, le
travail, l’environnement,
etc.
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Les éléments fondamentaux des soins de santé primaires (SSP) selon la
Déclaration d’Alma-Ata:
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L’accès universel aux soins de santé
-
La participation des communautés
-
L’équité et la justice sociale
-
Des services appropriés et peu coûteux
-
Les SSP font partie intégrante du développement social et économique
-
Et comprennent les services de prévention, de promotion et de soins curatifs
-
La collaboration inter- et multisectorielle
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Quels liens entre les soins de santé primaires et les droits sexuels et
génésiques?
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Il est indiscutable que l’appel à fournir des SSP à l’ensemble des peuples du
monde d’ici l’an 2000 était louable. Considérant la déclaration, nous ne
pouvons qu’affirmer que le changement de perspective, d’une approche des soins de santé
médicalisés à une approche plus socio-politique, représentait un fantastique pas en avant.
Nous sommes également
conscientes que les besoins spécifiques des femmes en matière de santé étaient
généralement ignorés des calendriers, à l’exception de leurs capacités à
procréer mais, même dans ce cas, seuls les soins maternels et infantiles et
la
planification familiale étaient pris en compte.
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L’OMS définit ainsi la santé génésique: «la santé génésique est la capacité à avoir
une vie sexuelle sans risque, responsable et satisfaisante, la liberté de choisir si, quand et
combien on veut d’enfant et d’éviter de tomber malade ou de décéder pour une raison liée
à la procréation.»
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Les mouvements féminins des années 1970 et 1980 ont joué un rôle
crucial en mettant en lumière les conditions de vie réelles des femmes. Grâce à leurs luttes, les
besoins spécifiques des femmes ont commencé à être discutés aux différents niveaux,
local, national et international. Il est alors devenu évident que quelles que soient les
maladies – la tuberculose, le paludisme ou autres maladies parasitaires, la santé mentale
ou encore la malnutrition et l’anémie – elles affectaient autrement la vie des femmes que
celle des hommes. Les femmes ont alors réclamé que l’on prête une attention spécifique à
leurs besoins.
L’approche des SSP a été bénéfique aux hommes et aux femmes car elle
abordait la santé comme un droit et elle
reconnaissait que le niveau de santé était lié au contexte socio-politique
prévalant dans la région du monde en question. Ce n’est cependant que dans les
années 1990, avec la Conférence internationale sur la population et le
développement du Caire en 1994 et avec la Conférence internationale des Nations
unies sur les
femmes à Pékin en 1995 que la santé des femmes et les droits génésiques
ont
trouvé une place à part entière sur le calendrier international.
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Au Caire, tous les gouvernements se sont vus fortement recommander de rendre la santé
génésique accessible à tous et à toutes d’ici l’an 2015 en s’appuyant
sur le système des soins de santé primaires. La mise en œuvre de ces recommandations s’est cependant
révélée problématique. Les raisons en étaient diverses, notamment les
réformes structurelles incluant les privatisations et une planification insuffisante des recherches de
financements nécessaires à la réalisation des changements recommandés.
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La pression croissante
exercée par les organisations féminines à
travers le monde a finalement porté ses fruits au Caire où il fut vivement recommandé
à tous les gouvernements de rendre la santé génésique accessible à tous d’ici
l’an 2015 en prenant appui sur le système des SSP. L’application de ces
recommandations s’est cependant avérée problématique lorsqu’au cours des années 1990, les budgets pour la
santé ont été réduits consécutivement aux réformes du secteur de la santé, soumises
aux conditions des organismes de prêts, le FMI et la Banque mondiale. Il est alors devenu
quasiment impossible de transformer ces recommandations en réalité.
La plate-forme d’action de la Conférence
mondiale sur les femmes (Pékin, 1995) a repris le langage du Caire en affirmant que
l’autonomie, l’autonomisation et l’autodétermination des femmes dans toutes les
sphères de la vie, en particulier la sexualité et la reproduction, devaient être la pierre
angulaire de tous les programmes en matière de santé et de reproduction. La plate-forme d’action a également proposé une approche basée sur le cycle
de vie, afin de faire ressortir, pour la première fois, les divers problèmes de
santé que rencontrent les femmes aux différentes périodes de leur vie. Là encore, cela n’a
pas été sans difficulté; les groupes de femmes ont fait remarquer par
exemple que l’approche basée sur le cycle de vie ne prenait pas nécessairement
en compte des questions relatives aux classes sociales, aux castes ou aux races (le
travail, le mariage, la grossesse ou la sexualité n’ont pas forcément la même
signification pour les jeunes filles et femmes d’un même groupe d’âge).
Vingt-cinq ans plus tard
Vingt-cinq ans après la déclaration de l’Assemblée mondiale de la santé
sur «la santé pour tous d’ici l’an 2000», nous ne sommes pas parvenus à un carrefour
et la situation ressemble plutôt à une multitude d’interceptions entre des autoroutes et des
chemins de terre. L’ambitieux appel à «la santé pour tous» reposait
sur deux points de ralliement: le fait que les Etats étaient tenus d’offrir des soins de santé à
leurs citoyens et le fait qu’il était stratégiquement possible d’assurer des soins de
santé primaires par le biais de personnels de santé dans les communautés. En réalité
cependant, la santé n’est pas l’affaire des seuls services de santé. Elle est
un indicateur de la qualité de vie d’une personne ou d’un peuple. Pour assurer la santé à
tous les citoyens, il est indispensable d’effectuer des changements politiques en faveur
des groupes marginalisés au sein d’un pays et sur la planète entière.
Malheureusement, les deux dernières décennies ont vu la montée de
phénomènes concomitants: d’un côté les privatisations, les ajustements
structurels, les accords commerciaux non équitables, le brevetage des médicaments, et
de l’autre, le fondamentalisme religieux, des politiques de droite sanctionnant des
nations, le terrorisme et le génocide. Pour compléter le tout, des
programmes de soins de santé primaires «sélectifs» ont rapidement remplacé le
concept originel de soins de santé primaires complets, l’approche globale faisant
ainsi place à une approche verticale.
Les systèmes de santé publique du monde en développement étaient
déjà en voie de détérioration suite aux récessions économiques, aux coupes
sombres dans les budgets de santé et aux réformes des systèmes de santé liés aux
prêts du FMI et de la Banque mondiale. Les programmes d’ajustement structurel des
années 1980 ont sapé la santé des populations et, dans certains cas, les
infrastructures sanitaires. La détérioration qui s’est poursuivie et amplifiée pendant les
années 1990 a conduit à la situation extrêmement préoccupante que nous connaissons
aujourd’hui.( 3) La résurgence des maladies infectieuses dans de nombreuses régions
du monde reflète bien la dégradation permanente de la qualité de vie
et l’échec de nos systèmes de santé. Il n’est donc pas surprenant que nous n’ayons
en cette année 2003 ni la santé pour tous ni les soins de santé pour tous.
Partout dans le monde, de l’Afrique du Sud en passant par l’Equateur
à la Micronésie, des mouvements populaires protestent contre la
privatisation des ressources naturelles essentielles. Tout récemment, des associations de
citoyen-ne-s se sont mobilisées au Ghana pour protester contre les conditions de
prêt du FMI et de la Banque mondiale qui ont été acceptées par leur gouvernement
et qui prévoient entre autre la privatisation de l’eau. Les femmes sont plus
particulièrement exposées aux maladies hydriques du fait des activités domestiques et
agricoles (de subsistance) qui leur reviennent et qui les mettent souvent au contact
de l’eau. L’éruption récente d’épidémies de choléra en Afrique du Sud et
en Amérique latine est liée à la privatisation de l’eau.(4) L’approvisionnement
en eau potable est un facteur déterminant pour améliorer la santé des pauvres dans
le monde. Cependant, les calculs économiques faits à partir des Disability
Adjusted Life Years (DALYS, années de vie corrigées du facteur invalidité), l’instrument
de mesure adopté par l’OMS et la Banque mondiale pour évaluer l’efficacité
et la rentabilité des fonctionnements sanitaires, ont déterminé que les
aménagements sanitaires ainsi que l’eau potable ne comptaient pas parmi les
interventions possibles car elles étaient considérées comme «trop coûteuses».
Le défi qui s’offre à nous est d’interroger les politiques aux
niveaux domestique, communautaire, national et international et de demander franchement
pourquoi les gouvernements se désintéressent de la santé et de l’éducation
alors qu’ils renforcent un peu plus chaque année les budgets de défense.
Aucun
pays pratiquement ne consacre aux services de santé un pourcentage proche de celui
recommandé par l’OMS, à savoir cinq pour cent du Produit intérieur brut (PIB).
La pratique du paiement à l’acte a été introduite dans le secteur public et
celui des ONG, pavant la route à la privatisation des services de santé. Il
faut également noter que les secteurs public et privé favorisent généralement les
soins curatifs au détriment de la promotion et de la prévention sanitaires.
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La santé des femmes et l’approche des soins de santé primaires
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C’est sous la pression des mouvements féminins que les besoins des femmes en
matière de santé ont été recensés et que des changements sont apparus
dans l’approche des SSP. On a établi par exemple que les barrières géographiques (la
distance par rapport aux postes de santé),
culturelles (les menstruations sont une chose honteuse qu’il faut cacher) et
socio-économiques (la discrimination par le personnel de santé en fonction de la caste
ou de la classe sociale, du sexe et de la pauvreté) sont des facteurs déterminants
qui nuisent à l’accès des femmes à la santé. Ces mêmes facteurs limitent qui
plus est leur capacité à rester en bonne santé. C’est ainsi que dans certains
pays, les
femmes étant les dernières du foyer à pouvoir manger, elles sont moins nourries;
elles doivent avoir la permission de leur mari/partenaire pour utiliser un
contraceptif ou demander une interruption de grossesse; elles sont les dernières dans
la famille à recourir aux soins médicaux et le plus souvent, elles n’ont pas
voix au chapitre quant aux manières de répartir le budget de la santé au niveau local
ou national.
Même lorsque les besoins des femmes ont été reconnus comme faisant
partie des SSP, en particulier les soins en matière de contraception ou de
maternité, la qualité des soins était tellement médiocre que la situation a toujours été
et reste encore extrêmement préoccupante. Actuellement, dans de nombreux pays
africains, comme en Ouganda, les femmes qui accouchent à l’hôpital doivent
apporter leurs propres gants en latex, de l’eau, du savon, des seringues et
une alaise en plastique car les hôpitaux ne disposent plus d’aucune de ces
fournitures.(5) Dans les pays où les SSP étaient autrefois gratuits et où les soins sont
désormais payants, le recours aux soins de santé a considérablement diminué et, dans le
même temps, la mortalité maternelle a augmenté.(6) Les budgets de santé
ont énormément chutés avec les programmes d’ajustement structurel. Aux Philippines
par exemple, le budget de la santé est passé de 3,7% en 1991 à 1,78% en
2000 et est principalement destiné aux hôpitaux, laissant de côté les soins
préventifs.(7) Lorsque l’on sait que les services de santé génésique sont souvent
les premiers services à être sacrifiés quand les budgets de santé sont amputés,
on comprend que les droits sexuels et génésiques sont tout simplement hors de
portée de la plupart des femmes dans le monde. Remarquons par exemple qu’en Ukraine, les
frais de contraception représentent 40 à 60% du salaire mensuel d’une
famille. On comprend pourquoi cette possibilité n’est guère
envisagée.(8)
En Amérique latine, l’état des services de santé publique s’est dégradé et
les fournitures médicales pour les soins prénatals, les accouchements et les soins post-partum
font défaut. Ces deux phénomènes ont un effet désastreux sur les taux de
mortalité et morbidité maternelles.(9)
Les soins de santé primaires et les services d’avortement:
Bien peu de questions regardant la santé des femmes ne réveillent
autant les passions que la question de l’avortement. A cela, une multitude de raisons
complexes. Le droit des femmes à l’avortement, où que ce soit dans le monde, a
connu de nombreux aléas. D’un côté, les femmes se voient nier le
droit à l’avortement au nom de croyances religieuses fondamentalistes et d’un autre
côté, les politiques démographiques coercitives ou eugéniques menées dans
certains pays ont imposé l’avortement et la stérilisation à certains groupes de
femmes. Citons les cas de la Pologne et de la Roumanie à l’époque communiste dont
les réponses à la question de l’avortement se sont diamétralement opposées.
Dans la Pologne communiste, l’avortement était légal et les écoles dispensaient
une éducation sexuelle. Le gouvernement Solidarité qui a succédé au régime
communiste a considérablement restreint l’accès des femmes à l’avortement et a essayé
d’interdire l’éducation sexuelle dans les écoles. En Roumanie en revanche, le
gouvernement communiste a mené une politique pro-nataliste qui l’a conduit à pénaliser
l’avortement. Mais, trois jours après le changement de régime, l’avortement était légalisé.
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Le besoin se fait cruellement sentir de transposer la Convention sur l’élimination
de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) ainsi que les autres conventions
relatives aux droits socioéconomiques et culturels pour faire des droits sexuels et
génésiques de véritables acquis pour les femmes sur lesquels ni les Eglises ni les
Etats, où que ce soit dans le monde, ne peuvent revenir.
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Les droits des femmes à disposer de leur corps a toujours été et reste un point de
dissension avec les leaders religieux et les chefs de gouvernement, dont la
plupart sont des hommes. Même lorsque l’avortement est légalisé, la voie pour accéder à des services pratiqués
dans de bonnes conditions reste semée d’embûches. Les approches restrictives du droit à
l’avortement ont coûté la vie à des milliers de femmes et d’autres continuent de mourir des
suites d’avortements clandestins faits à la va-vite.(10) Le Nigeria par exemple recense 610
000 cas d’avortements réalisés dans des conditions dangereuses chaque année. C’est le
pourcentage le plus élevé au monde.(11) Le Kenya se place deuxième avec un tiers des
décès maternels attribués à des avortements non médicalisés. En Europe de l’Est,
25% de tous les décès maternels sont dus aux complications suite à un
avortement.
La loi américaine dite du bâillon que George W. Bush a rétabli dès
son premier jour aux commandes de l’Etat, défend aux organisations
internationales de planning familial recevant des fonds des USA de fournir quelque information ou
service relatif à l’avortement que ce soit (y compris le fait d’adresser
les femmes à d’autres services). Des rapports récents provenant du Pérou
attestent que ce pays, dont de nombreux représentants de l’Etat sont membres de l’Opus
Dei, a refusé l’assistance internationale pour des programmes promouvant les
services de santé génésique.(12)
Chaque pays a, qui plus est, ses propres règles pour encadrer l’avortement.
La légalité n’est pas nécessairement synonyme de disponibilité ou d’accessibilité
et les contraintes procédurières peuvent gêner l’accès à l’avortement.
Au Zimbabwe par exemple, la longueur des procédures de droit criminel fait que
souvent, il est trop tard pour se faire avorter. De même, en Ethiopie, bien que la loi
prescrive des exemptions pour cause de viol et d’inceste, il est difficile
d’apporter
la preuve de ces crimes ou encore, la lenteur de la procédure fait que l’avortement
n’est plus possible.(13)
Les femmes et les maladies infectieuses
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Les structures de SSP ont fait un effort soutenu pour mettre en place
des programmes de contrôle des
maladies infectieuses comme le paludisme et la tuberculose. Aujourd’hui ces maladies
sont endémiques dans de nombreuses régions pauvres du monde et tout particulièrement
en Afrique où la tuberculose est la maladie qui cause le plus de décès chez les femmes.
14) Par ailleurs, on n’a jamais pris en compte, autrefois pas plus qu’aujourd’hui,
le fait que ces maladies handicapent très lourdement les femmes. Conjuguées à d’autres
maladies comme le VIH-sida, elles ruinent leur santé et leurs capacités
procréatrices.
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Les systèmes de SSP doivent encore mettre au point des programmes
répondant aux besoins des femmes qui ne se limitent pas à réduire le fardeau de
la maladie mais qui cherchent également à garantir l’existence et la qualité
de soins préventifs.
De la même façon, les soins dispensés aux femmes porteuses de
maladies sexuellement transmissibles (MST) sont un domaine où il convient d’intervenir
avec tact et peuvent très bien être accompagnés d’un traitement
systématique du partenaire masculin. Les maladies sexuellement transmissibles (sans compter le
VIHsida), comme les infections génitales à la chlamydia, la syphilis, la
blennorragie et d’autres, comptent pour 1,4% de l’ensemble des maladies. Dans les
populations citadines des pays en développement, elles comptent pour 15% et
affectent beaucoup plus les femmes qui souffrent des tabous sexuels et des préjugés
négatifs leur barrant l’accès aux soins. Il arrive en effet que les personnels
soignants aient de tels préjugés vis-à-vis des femmes atteintes de MST qu’ils
refusent de les soigner. 15) La stigmatisation et le rejet social des femmes
constituen
toujours un grand problème alors que les structures de SSP sont loin d’être
équipées pour accueillir les patientes, si toutefois celles-ci osent venir se faire soigner.
Alors que dans les pays pauvres, la plupart des femmes des zones
rurales ne peuvent toujours pas compter sur une assistance de qualité lorsqu’elles
accouchent à la maison, de nouveaux défis sans précédent surgissent, comme les
soins à domicile des personnes mourant des suites du VIH-sida. Les
femmes, qu’elles soient patientes ou qu’elles soignent leur mari et enfants,
courent
continuellement le risque d’être infectées, y compris d’attraper une forme
de tuberculose
résistante aux médicaments. La
plupart des malades du sida des pays déshérités continuent de mourir des même infections qui frappent les plus pauvres de la
communauté: la tuberculose, la pneumonie et la diarrhée. Dans de nombreux pays
africains au sud du Sahara, particulièrement en Afrique centrale et
orientale, la tuberculose est en recrudescence avec l’arrivée et la multiplication
des cas de séropositivité au VIH. Dans certains des pays mentionnés ci-dessus,
une femme sur trois meurt de la tuberculose sans avoir reçu les soins
nécessaires. L’explication en est la forte stigmatisation des femmes tuberculeuses
qui sont mises au ban de la communauté ou sont poussées au divorce.(16)
Les statistiques indiquent que l’incidence du VIH-sida augmentera
dans le monde. Dans certains pays déjà, les femmes sont plus touchées que
les hommes et l’on s’attend à ce que leur nombre augmente de façon
dramatique d’ici l’an 2020. Le VIH se faisant de plus en plus endémique, nous ne serons pas
en mesure de différencier le traitement pour la tuberculose, la pneumonie ou la
diarrhée du traitement de cette infection. Et le fait que les agents de santé
communautaires sont exposés à cette maladie contribue à rendre les choses encore
plus complexes. Partout dans le monde et depuis longtemps, les femmes pauvres des zones
rurales et urbaines dénoncent les diverses formes de discrimination
subies par les femmes pauvres et issues des minorités dans les centres de SSP. Les
nombreuses barrières socioculturelles doivent être levées si l’on veut
que
les femmes bénéficient des soins dont elles ont besoin.
La violence envers les femmes
La violence envers les femmes est un autre problème complexe qui ne
recueille pas l’attention qu’il mérite aux différents niveaux des soins de
santé. La situation commence cependant à évoluer grâce à la mobilisation des mouvements
féminins. Le lien entre la violence et l'état de santé des femmes a été
clairement établi (contusions, agressions, dépression, suicides, etc) mais bien peu de
politiques ou de programmes ont été mis en œuvre pour contrer ce phénomène ou
pour venir en aide aux victimes. Il existe encore une résistance sociale à
l’égard des femmes voulant parler des agressions sexuelles qu’elles ont subies au
sein ou en dehors du foyer. De plus, la plupart des personnels de santé ne
sont
pas formés pour reconnaître ou aborder les problèmes liés à la violence contre
des femmes. La grossesse accroît aussi le risque de violence domestique, de même
que la révélation ou le diagnostic d’une maladie. 17)
Outre la violence domestique, il existe
également une violence d’Etat
dirigée contre les femmes. Les nombreux «meurtres pour l’honneur» au Pakistan,
au Yémen et en Jordanie par exemple sont la marque terrible d’une violence
socialement acceptée lorsque la chasteté d’une femme est en cause. Au Nigeria,
l’Etat a adopté la loi de la Sharia qui permet de punir sévèrement les femmes au
comportement «licencieux ». Une autre forme de violence est celle exercée contre
les femmes de groupes minoritaires dans les conflits communautaires. On en trouve
un exemple dans les attaques communautaires récentes menées par les
Hindous dans l’Etat du Gujarât en Inde et au cours desquelles des femmes
musulmanes enceintes ont été violentées et tuées.
L’accroissement de la pauvreté sur l’ensemble de la planète et la
recrudescence des guerres et des situations de conflit a pour conséquence l’augmentation
considérable des violences dirigées contre les femmes. Ce phénomène ne
bénéficie guère de la reconnaissance publique et très peu de programmes, à
part ceux initiées par des organisations féminines, ont été élaborés pour prendre en
charge les femmes traumatisées en période de conflit. Rares
sont les structures de soins de santé de par le monde qui ont mis en place des systèmes visant à
traiter les traumatismes physiques et mentaux que de telles violences causent chez les femmes.
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Regardons le passé et envisageons l’avenir: où en est-on aujourd’hui et quelle
direction prendre?
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Avec la promotion des SSP, la Déclaration d’Alma-Ata affirmait que la santé était
principalement déterminée par des facteurs extérieurs aux services médicaux ou de santé
publique. L’expérience
a clairement montré que les pays et régions où la situation sanitaire s’était le plus améliorée et de façon durable étaient ceux qui s’étaient
activement engagés dans la voie d’un développement équitable prenant appui
sur une base large et multisectorielle. Cela a été le cas au Sri Lanka, en Chine
et au Costa Rica. Ces pays ont prouvé qu’investir dans les secteurs sociaux et tout
particulièrement dans l’éducation, la santé et le bien-être des femmes avait un
impact très positif sur les indicateurs de santé et sociaux de la population dans son
ensemble.(18)
Le Center for Reproductive Rights, une association new-yorkaise
défendant les droits des femmes, affirme que de nombreux pays ont revu leurs
priorités en matière de santé à la lumière des deux principales conférences
internationales d’évaluation de la CIPD de 1994 et de la Conférence sur les femmes de Pékin en
1995. De nombreux gouvernements d’Afrique anglophone ont procédé à une
évaluation de leurs programmes en cours et ont fait de la santé et des droits
génésiques un élément clé de leurs stratégies pour reconceptualiser les
politiques et programmes nationaux. Ils ont repris de façon explicite les termes des
documents internationaux pour définir les instruments nationaux. Le rapport
poursuit: «toutes les politiques nationales de santé sans exception mettent l’accent
sur une nouvelle approche multisectorielle pour développer les services de
SSP, et elles s’engagent à les rendre meilleurs, plus accessibles et moins
coûteux. Elles projettent également d’intégrer la santé génésique dans les soins de santé
primaires en se basant sur les infrastructures existantes et les services
communautaires de base.»(19) Ces importants changements dans les lois et politiques
nationales sont louables et montrent des progrès indiscutables dans la volonté des
différents gouvernements de prendre en compte les besoins des femmes.
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«Les gouvernements ont vis-à-vis de la santé des
populations une responsabilité dont ils ne peuvent s’acquitter qu’en
assurant des prestations sanitaires et sociales adéquates.»
(Déclaration
d’Alma-Ata, Article V)
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Cependant, la réalité sur
le terrain est affligeante. Nous avons
ci-dessus donné une idée des problèmes et des situations discriminantes que les
femmes connaissent un peu partout dans le monde et qui affectent leur santé. Ce que nous
voulons faire ressortir ici est que l’approche des SSP est tout à fait
appropriée pour répondre aux besoins des femmes en matière de santé. Cette approche
doit étudier attentivement les problèmes que rencontrent les femmes et trouver des
moyens de répondre à ces besoins en se souciant à la fois de leur
bien-être et de celui des pauvres.
Nous nous associons pour les trois prochaines années au
Mouvement
populaire pour la santé pour revendiquer ensemble des soins de santé primaires
pour tous les peuples du monde. Pour l’année 2003 et dans le cadre de cette
revendication, nous tenons à mettre l’accent sur le fait que les gouvernements
doivent prendre leurs responsabilités pour assurer la santé des femmes.
Nombreux sont les
gouvernements qui se disent contraints de respecter
les politiques et institutions internationales. On ne devrait pourtant jamais oublier
qu’au nom de l’Etat, ils représentent (sont censés représenter) la
population du pays et doivent placer les intérêts de celle-ci en premier. Composante
essentielle de ces intérêts, la santé de la population et en particulier
des femmes est
un indicateur indiscutable de la réussite d’un gouvernement à représenter
effectivement sa population. Assurer la santé pour tous est un impératif moral de l’Etat,
explicitement mentionné dans diverses constitutions nationales et conventions
internationales.
Notre appel se tourne cette année vers les gouvernements:
Gouvernements: Prenez vos responsabilités pour assurer la santé des femmes!
Nous demandons que l’ensemble des éléments mis en exergue dans la Déclaration
d’Alma-Ata soit inclus dans toutes les politiques et
programmes relatifs aux systèmes sociaux et de santé et que le besoin d’équité
sexuelle soit placé au centre des préoccupations:
|
Nous demandons que la Déclaration d’Alma-Ata
de 1978 soit mise à profit pour favoriser une approche des soins de santé
primaires qui prennent en considération les femmes
|
Nous demandons par ailleurs que
-
les gouvernements
prennent à nouveau leurs responsabilités vis-à-vis de la santé de leurs
populations et qu’ils
aient l’obligation de garantir la santé en tant que droit pour toutes les
personnes vivant à l’intérieur de leurs frontières. Ils doivent mettre
en place ou conserver des organes spécifiques chargés d’étudier la santé des femmes en
tant que droit, et tracer des voies pour élaborer des politiques débouchant sur des
résultats positifs;
-
les gouvernements
instaurent des mécanismes qui garantissent la participation des femmes à tous les niveaux de décision
afin
de créer les conditions d’une vie saine, comprenant notamment l’accès à une eau potable,
des équipements sanitaires, une éducation de base, etc. Les femmes
devraient également pouvoir influer sur le type et la qualité des services de santé dans
les zones où elles habitent;
-
que les
gouvernements garantissent la prise en compte dans tous les projets
concernant la santé des populations des conditions soc iales et économiques, des
questions de classe, caste, religion et sexe.
Cela est extrêmement important si l’on veut éviter que les prestations de services sanitaires ne deviennent
une affaire partant du sommet vers la base, négligeant les besoins réels des femmes
défavorisées;
-
que les
gouvernements garantissent l’existence dans les soins de santé
primaires complets de services de prévention, de promotion et de soins qui
prennent en considération la problématique du genre. Les
gouvernements sont responsables de la maîtrise de la propagation des maladies infectieuses et
parasitaires et, dans le cas de l’épidémie du sida, ils doivent mettre au point du
matériel et des programmes de prévention et de promotion qui prennent les femmes en
considération;
-
que les
gouvernements reconnaissent que la santé résulte d’une interaction de facteurs socio-économiques et politiques et qu’ils abordent les
besoins des femmes de façon globale. On
ne peut par exemple lutter contre la violence envers les femmes sans faire en sorte que les hommes et les femmes s’impliquent
dans un processus de prévention et de traitement. Il est essentiel d’adopter
une approche plurisectorielle si l’on veut mieux comprendre et améliorer la
santé des femmes;
-
que les
gouvernements veillent à l’accès universel à la santé et à la
gratuité des soins pour les
femmes qui ne peuvent payer.
|
Ce que vous pouvez faire:
Ce que vous pouvez faire:
Ce que vous pouvez faire:
-
Faire connaître la Déclaration d’Alma-Ata et l’Appel à la
Santé pour tous en mettant en avant la perspective féminine;
-
Se servir de la Charte populaire pour la santé (peut être
téléchargée à partir du site www.phmovement.org
) pour mobiliser et former les membres
des communautés, les décideurs politiques et les représentants de l’Etat sur la question du droit des populations à la santé;
utiliser la Charte pour faire pression aux niveaux local, national et
international;
-
Interpeller les représentants de l’Etat aux niveaux de votre
village, votre région ou du pays pour leur demander d’améliorer les
prestations de soins de santé primaires en suivant le cadre défini à Alma-Ata et
en donnant la priorité aux besoins sanitaires des femmes;
-
Demander que votre gouvernement ratifie et respecte la convention
du CEDAW;
-
Vous associer à d’autres groupes travaillant sur les questions
de santé et étudier toutes les revendications présentées ci-dessus avec eux,
à tous les niveaux;
-
Participer aux efforts de la communauté pour poser les bases de
soins de santé complets pour les femmes;
-
Faire valoir le droit des femmes et des filles à des services de
santé appropriés et de bonne qualité à tous les niveaux;
-
Demander que votre gouvernement accorde un budget plus important à l’amélioration de la santé des femmes;
-
Demander que les gouvernements réglementent le prix des
médicaments et produits pharmaceutiques afin que ces produits soient disponibles,
peu coûteux et soucieux du bien-être des femmes;
-
Demander que les gouvernements instaurent des mécanismes
permettant aux femmes de participer activement à la planification, au suivi et
à l’évaluation des programmes de santé;
-
Demander le respect du droit au travail des femmes et des
conditions de travail comme le droit d’allaiter au travail, les congés
maternité, etc.;
-
Demander que les gouvernements appliquent des mesures strictes con-
cernant la protection des sources alimentaires et aquatiques, tout
particulièrement pour les pauvres;
-
Demander que les gouvernements réduisent leurs budgets militaires pour investir plus de fonds publics dans des programmes de santé et d’éducation
pour les femmes et les filles;
-
Demander que votre gouvernement développe des services de santé moins coûteux, plus accessibles, plus sensibles aux problèmes des
femmes et plus humains;
-
Demander aux gouvernements d’arrêter la promotion de
contraceptifs et de méthodes de stérilisation préjudiciables et veiller à ce que
les directives établies pour protéger les intérêts des femmes soient strictement
respectées;
-
Lutter activement contre la violence faite aux femmes dans toutes
les sphères de la vie – dans les situations de guerre et de conflit
comme au sein du foyer. Les femmes et les filles doivent pouvoir vivre librement
leur vie, sans avoir à subir la violence ou à la craindre;
-
Faire le point sur la mise en œuvre des soins de santé primaires
dans votre communauté/région/pays et sur l’intégration (ou non) des
droits sexuels et génésiques dans ces structures.
|
AGISSONS, ORGANISONS-NOUS ET MOBILISONS-NOUS !
NOUS POURRONS AINSI PASSER L’INFORMATION !!
|
|
Littérature et références:
Déclaration d’Alma-Ata, Conférence
internationale sur les soins de santé primaires, Alma-Ata, URSS, 6-12 septembre 1978. Disponible sur:
www.who.int/hpr/archive/docs/almaata.html
Key Readings Relevant to the Politics of Health. Compiled by International People’s
Health Council and HealthWrights available at www.healthwrights.org/politics/polreadlist.htm
Sanders, David. Revitalization of Primary
Health Care. Background
Document for 20th Anniversary of Alma Ata Conference. 27-28 novembre 1998. Public Health Programme
University of the Western Cape, Afrique du Sud.
Towards Women’s Health Progammes and Policy. Sous la direction de Renu
Khanna, Mira Shiva, Sarala Gopalan. Society for Health Alternatives (SAHAJ) and Women and
Health (WAH). 2002.
Werner, David , David Sanders et al. Questioning the Solution. The Politics of
Primary Health Care and Child Survival. HealthWrights. Palo Alto. 1997.
Whatever Happened to Health for All by 2000 AD. Préparé et publié par the National
coordination Committee for the Jan Swasthya Sabja. Téléchargeable sur le site internet
www.sochara.org ( sous la rubrique Campaigns, People’s Health Watch)
Women’s Health Journal Health:
A Human Right, A Civil Right.
Latin American and Caribbean Women’s Health Network. avril –juin 2002.
Pour de plus amples informations et pour élargir votre réseau de relations, vous pouvez contacter:
Asian-Pacific Resource & Research Centre for Women (ARROW)
Ground Floor, Block G, Anjung Felda, Jalan
Maktab
54000 Kuala Lumpur, Malaisie
Tél: (603)-2692 9913
Fax: (603)-2692 9958
E-mail: arrow@arrow.po.my
Site Web: www.arrow.org.my
L’Association pour les droits de la femme et le développement (AWID)
96 Spadina Ave., Suite 401
Toronto, ON M5V 2J6 Canada
Tél: (416) 594-3773
Fax: (416) 594-0330
Site Web: www.awid.org
Propose des listes de publication et de ressources utiles, dont une description de la
Convention CEDAW, le protocole optionnel et ses utilisations possibles ainsi qu’une
description de la Convention internationale relative aux droits économiques, sociaux et
culturels www.awid.org/publications/primers/factsissues2.pdf
www.awid.org/publications/primers/factsissues3.pdf
Center for Health and Gender Equity (CHANGE)
6930 Carroll Avenue, Suite 910, Takoma Park,
MD 20912 USA
Tél: 301-270-1182 Fax: 301-270-2052
E-mail: change@genderhealth.org
Site Web: www.genderhealth.org/index.php
Center for Reproductive Law and Policy
The Center for Reproductive Rights
120 Wall St.
New York, NY 10005
Tél: (917) 637-3600
Fax: (917) 637-3666
E-mail: info@reprorights.org
Site Web: www.crlp.org
The Hesperian Foundation
1919 Addison Street, Suite 304 - Berkeley, CA
94704 USA
Tél:(510) 845-1447, Fax: (510) 845-9141
E-mail: hesperian@hesperian.org
Site Web: http://www.hesperian.org/
International Women’s Rights Action Watch-Asia Pacific ( IWRAW)
2nd Floor, Block F, Anjung FELDA, Jalan
Maktab
54000 Kuala Lumpur, Malaisie
Tél: (603)2691 3292
Fax: (603) 2698 4203
E-mail: iwraw@po.jaring.my
Site Web: www.iwraw-ap.org
Mahila Sarvangeen Utkarsh Mandal (MASUM)
Manisha Gupte
11 Archana apts, Kanchanjunga Archade,
163 Solapur Road, Hdapsar, Pune 411 028,
Maharashtra, Inde
E-mail: masum@vsnl.com
Peoples Health Movement/Le Movement populaire pour la santé
Ravi Narayan, PHM Secreteriat
367 Srinivasa Nilaya- Jakkasandra I Main
I blok, koramangala- Bangalore 560 034,Inde
E-mail: secretariat@phmovement.org
Site Web: www.phmovement.org
The People's Movement for Human Rights Education (PDHRE) / NY Office
526 West 111th Street, New York, NY 10025
Tél: 212.749-3156; fax: 212.666-6325;
E-mail: pdhre@igc.apc.org
Site Web: www.pdhre.org/rights/
Rights and Reforms Women’s Health Project
PO Box 1038 Johannesbourg 2000 Afrique du Sud
Tél: 27-11 489 9903
Fax: 27-11 489 9922
E-mail:Rightsandreforms@sn.apc.org
Site Web: www.wits.ac.za/whp/rightsandreforms/
Appel à l’action 2002
Le texte du 15ème Appel à l’action a été conjointement rédigé par Manishe Gupte (MASUM,
India), Sumati Nair and Melina Auerbach du bureau de coordination du RMFDR
à Amsterdam, Pays-Bas. Elizabeth Eising a coordiné l’Appel à l’action cette année.
Contact
Nous aimerions recevoir vos comptes rendus, photos, posters, coupures de presse, etc.
afin de les inclure dans notre rapport sur la Journée d’action qui paraîtra dans le prochain
bulletin du RMFDR. Vous pouvez également demander à notre bureau des copies
supplémentaires de l’Appel en anglais, espagnol ou français.
WGNRR, Vrolikstraat 453 D,
1092 TJ Amsterdam, Pays-Bas.
Tél (31-20) 620 9672,
fax (31-20) 622 2450,
e-mail: office@wgnrr.nl,
page Web: www.wgnrr.org
Notes de fin
1. OMS, reproductive health/publications/RHR_99_7_chapitre4.en.htm
2. Gloyd, Steve. "NGOs and the "SAP"ing of Health Care in Rural Mozambique", Bulletin
55/56 du Réseau mondial des femmes pour les droits sur la reproduction. Juillet
– décembre 1996. p.26-28 (en anglais)
3. Voir pour plus d’information Impact of Health Sector Reform on Reproductive
Health, ARROWS for Change, Vol. 6, No. 3, 2000.
4. Sara Grusky, Bearing the Burden of IMF and World Bank Policies: Privatization Tidal
Wave IMF/World Bank Water Policies and the Price Paid by the Poor. Public Citizen Web
Site. http://www.citizen.org/cmep/Water/cmep_Water/wbimf/articles.cfm?ID=7802
5. Nanda, Priya. "Gender dimensions of user fees: Implications for Women’s Utilization of
Health Care", Reproductive Health Matters, 2002: 10 (20), p. 127-134.
6. Ibid.
7. Simbulan, Nymia. "How the Structural Adjustment Program Saps the Philippine Health Care Delivery
System" HAI News. Octobre 2001, mars 2002. p. 17-18.
8. Sadavisdam, Bharati, Ed. Risks, Rights and Reforms, A 50 Country Survey assessing
Government Actions Five Ears After the International Conference on Population
and Development, WEDO, New York, 1999.
9. Bianco, Mabel. Cost Benefit and economic approach related to health care services
system. Cité sur www.un.org/womenwatch/daw/csw/cost.htm
10. www.who.int/reproductivehealth/publications/MSM_97_16/MSM_97_16_chapter2.en.html
11. Center for Reproductive Law and Policy. Women of the World: Anglophone Africa Laws
And Policies Affecting Their Reproductive Lives. Progress Report 2001. http://www.reproductiverights.org/pub_bo_wowafrica.html
12. Center for Health Equity (CHANGE). "Government Extremists in Peru Further
Undermine Reproductive Rights", communiqué de presse, nov.21 2002, www.genderhealth.org
13. Center for Reproductive Law and Policy. ibid
14. Amazigo, Uche. Women’s Health and Tropical Diseases: a focus on
Africa. www.un.org/womenwatch/daw/csw/tropical.htm
15. Nanda, Priya. Global Agendas, Health Sector Reforms and Reproductive Health and
Rights: Opportunities and challenges in Zambia. Center for Health and Gender
Equity.
16. Amazigo, Uche, Ibid.
17. PAHO. Domestic Violence During Pregnany Fact Sheet. Women Health and Development
Program. http://www.paho.org/english/hdp/hdw/violencepregnancy.PDF
18. Halstead S.B., Walsh JA, Warren KS, eds. Good Health at Low Cost. Conference
Report, New York. 1985.
19. Center for Reproductive Law and Policy. ibid
En collaboration avec Le Mouvement populaire pour la santé www.phmovement.org
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La journée internationale d’action pour la santé des femmes
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Lors d’une rencontre des membres du Réseau mondial des femmes pour les droits sur la
reproduction (RMFDR) organisée au Costa Rica le 28 mai 1987 suite à la 5ème rencontre
internationale sur les femmes
et la santé, il a été décidé de proclamer le 28 mai Journée internationale
d’action pour la santé des femmes.
En 1988 et 1989, le RMFDR et le Latin
American and Caribbean Women’s Health Network (Réseau Amérique latine et Caraïbes
pour la santé des femmes) ont publié deux fascicules spéciaux à l’occasion
du 28 mai portant sur la mortalité et la morbidité maternelle. Depuis,
le bureau de coordination du RMFDR publie annuellement un Appel à l’action pour le 28 mai. Jusqu’en 1996, ces
appels concernaient les
différents aspects de la prévention en matière de mortalité et morbidité
maternelle. Une évaluation auprès des groupes respectifs des
différentes régions a ensuite conduit à se tourner vers une autre problématique,
en étudiant de façon critique l’impact des politiques globales
néolibérales, en particulier celles du FMI et de la Banque mondiale, sur la santé
des femmes et leur accès à des soins de qualité; les appels réclament
aussi l’élaboration de politiques de développement et de santé qui
prennent en compte les aspects sexospécifiques, qui accroissent le niveau de
vie des femmes et des hommes démunis et qui améliorent l’accessibilité
et la qualité des services de santé. Depuis 1997, le Latin American
and Caribbean Women’s Health Network publie aussi un Appel à l’action
à l’adresse de son réseau.
La Journée internaionale d’action pour la santé
des femmes du 28
mai est de plus en plus connue et célébrée dans le monde. Elle a été officiellement
reconnue par le gouvernement d’Afrique du Sud en 1999. Le 28 mai, les groupes et organisations de femmes du monde entier mènent
toutes sortes d’activités, du théâtre de rue aux manifestations ou
discussions avec des parlementaires; elles demandent que l’on se préoccupe
de l’état insatisfaisant des services de santé pour les femmes et
que l’on y apporte des améliorations.
Women’s Global Network for Reproductive Rights
Vrolikstraat 453 D, 1092 TJ
Amsterdam, Pays-Bas
office@wgnrr.nl / www.wgnrr.org